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Art Anthropophagie Aujourd hui !

A propos de l'exposition-événement de Gilles de Staal et Jaime Zapata qui s'est déroulée du 1er au 12 novembre 2006, à la Galerie de Nesle à Paris

Présentation

Les publicités Google affichées sur ce blog sont le fait de l'herbergeur. Nous considérons ces pubs comme une intrusion abusive sur cette espace consacré à l'Anthropophagie et aux oeuvres de Jaime Zapata et Gilles de Staal.

Album

Luc Martin Meyer

Editions Le Mort-Qui-Trompe :

Editions Hermaphrodite

Autres Brésils

Antropofagia

Juliette Heymann

Tacco Ndongo, "la" chef cuisinier de l'exposition

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L HOMME DISPARU DANS LA PLUIE et LA DETTE NOUS EST EXTÉRIEURE de Ramiro Oviedo | 15 octobre 2006


 L'HOMME DISPARU DANS LA PLUIE


   Un gros nuage s'était pendu sur Macondo.
Le ciel  avait du mal à se tenir.
Le vent montrait ses dents de chien.
 Alors
une petite goutte en velours a chuté  sur mon nez.
Ensuite deux ou trois pas de danseuse ont frôlé mon chapeau
et puis j'ai senti des petits baisers d'eau sur mes épaules
Pour toréer la pluie je suis rentré au bistrot de Catarino
d'où j'ai vu Isabel regarder derrière sa fenêtre.


Le dernier rayon de soleil illuminait la nappe de ma table
pendant que l'ombre d'un homme s'enfonçait  dans la pluie.
 Nous étions  déjà deux à le regarder.
 On voyait sa trace.
C'était  comme le passage d'un loup
le cœur un tambour
l'œil allumé.
Il  rentrait avec une heureuse ignorance dans une forêt d'eau
dans une pluie de brouillard pourri
pendant que les nuages s'arrachaient les tripes.
 Et puis Dieu s'est mis à pisser debout.
 Il pleuvait des araignées
il pleuvait du gazole
il pleuvait des nœuds et des ongles
il pleuvait des papillons noirs
il pleuvait des boucles d'oreille de toutes les vierges.
 L'homme
voulait s'accrocher à un courant d'air
trancher la pluie avec ses mains aveugles.
mais il pleuvait des seringues.
  Trébuchant sur les cordes
Accablé par cette pluie d'épingles
l'homme s'enfonçait  dans le gouffre de la brume.
 On l'a vu rester suspendu entre les lèvres du torrent
comme un épouvantail.
Et puis
Dieu s'est mis à vomir sa gueule de bois.
Il pleuvait du sang
il pleuvait de la peine
Il pleuvait du café sur Macondo
il pleuvait de l'eau-de-vie sur la pluie.
 Enfin
Il est resté attaché par les cordes du déluge
fusillé par la pluie
au centre du drap blanc du lendemain
tel une flaque de nuage en personne.
 



On a enlevé de sa bouche un poème muet.
 


LA DETTE  NOUS EST EXTÉRIEURE


  Au début mon désir n'avait pas de mains.
J'aurais voulu être ambidextre
Eréndira
mais devant toi et ton histoire  je suis devenu tout juste gauche
Depuis lors nous sommes des frères jumeaux.
 Je n'avais aucune idée de rentrer.
Je voulais seulement  écouter Francisco El Hombre
Chez Catarino
trouver des traces de mon frère perdu dans ses chansons.
C'était minuit et je m'en allais
lorsque cette dame m'a demandé vingt centimes
pour rentrer au pays des délices.
 Quand je t'ai vue
tu étais  juste une fille triste
dépossédée de toi
- puisque  ton seul bien restait le bien des autres-
avec la résignation vêtue d'une  chair maigre,
même tes pauvres  tétons de petite chienne accablée
- balles décapitées calibre 22 -
n'étaient pas à toi
La faune mouvante et la flore somptueuse du pays des délices
pour vingt centimes
n'étaient qu'un mirage des hommes tristes du tropique.
 (La solitude doit être un bon aphrodisiaque)
  Le bon Dieu, déguisé en grand-mère te tuait au compte-gouttes
enivré par les 20 centimes  que 62 soldats lui payent
jour après jour
pour coucher avec toi.
D'après tes calculs il te restait  encore dix ans
à  soixante-dix hommes par nuit
pour  régler une  dette bizarre.
A ce rythme là -me disais-je-
tu finiras engloutie par l'armée de terre.
  Pauvre Aridnere
tu étais la seule araignée
qui  construisait avec son cul la maison d'une autre.
 Je suis revenu ce matin
avec le cheval de la chance qu'il te faut
-l'amour, rien de plus-
pour te dire qu'il fallait compter sur moi
pour prendre en charge ta révolte
pour tuer dieu
pour tuer la puanteur de ton histoire étouffée
mais tu n'étais plus là.



 


Retrouvez Ramiro Oviédo durant l'exposition Art! Anthropophagie! Aujourd'hui! :




Samedi 04 novembre 2006




à 17h30 : Lecture du Manifeste Anthropophage. Puis, Flop et Tante Hortense, avec Eddy Goldeberg et Christophe Rodomisto : chansons et mise en musique des textes anthropophages.




19h00: Ramiro Oviédo, poèmes déclamés.




20h00 : manger.

21h00 : débat : « Nationalité – identité – citoyenneté : bons et mauvais Français ? » introduit par Mehdi Belhaj kacem (Une psychose française. Gallimard 2006), médiation du réseau CEDETIM/CICP (rue Voltaire).

 

Publié par staal à 22:12:18 dans Intervenants | Commentaires (0) |

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